La régionalisation et la question de l’habitation au Québec
10 mars 2025
Delfino Campanile
Le processus de régionalisation des personnes immigrantes comporte de nombreux aspects à prendre en considération simultanément. Bien que l’obtention d’un emploi répondant aux besoins et aux aspirations des individus soit important, l’un des éléments clés du travail d’accompagnement de nos conseillers consiste à orienter les participants pour qu’ils puissent trouver un logement adéquat pour leurs besoins et celui de leur famille. Bien souvent, c’est ce deuxième élément qui limitera la réussite d’une relocalisation en région.
Au cours des dernières années, l’accessibilité aux logements a été plus difficile. Déjà en 2023, on remarquait que le taux d’inoccupation des logements était inférieur à 3 % dans l’ensemble des municipalités du Québec. Cette situation complexifie les projets de relocalisation, particulièrement dans certaines localités, puisqu’une fois l’emploi accepté, il faut s’assurer de trouver un lieu de résidence situé à une distance acceptable du lieu de travail. De plus, l’emplacement de l’habitation aura un impact indéniable sur la qualité de vie de la personne régionalisée.
Notre réponse à ce défi consiste à ne pas abandonner les projets en cours, mais plutôt à revoir ou explorer avec les personnes immigrantes l'ensemble des options d’habitation disponibles dans la région. Une première étape consiste à revoir ou adapter les stratégies d’installation, en considérant toutes les localités autour du lieu de travail visé. Cet élargissement du cercle d’installation permet de mieux évaluer la faisabilité du projet de relocalisation à court et moyen terme. Une deuxième étape est d’évaluer les différentes options d’habitation disponibles autour de la localité choisie, y compris les logements locatifs, les condos, ainsi que les maisons à louer ou à vendre. Cela permettra de mieux éclairer la décision des personnes immigrantes concernant cet aspect fondamental de leur projet de régionalisation.
Nous croyons qu’à court terme, les acteurs locaux devraient continuer d’examiner les possibilités de développer des logements supplémentaires à l’intention des personnes immigrantes voulant s’établir dans leur région. Cependant, ces démarches devraient aussi impliquer les partenaires régionaux, les acteurs immobiliers (tant communautaires que privés), ainsi que les municipalités, afin d’explorer la faisabilité des initiatives touchant les différentes catégories de logements. Il est à noter que ces démarches devront (par nécessité) se poursuivre de façon continue dans les prochaines années.
À ce stade, ce que nous pouvons constater, c’est que la question de l’habitation demeura dans un avenir rapproché un élément fondamental (si non pas le facteur déterminant) dans la sélection des localités et des régions pour les projets de régionalisation au Québec de nos participants.